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Aménagement: lumière sur les tables à dessin!

La Faculté inaugure son pavillon entièrement réaménagé et agrandi.

La nouvelle entrée principale, chemin de la Côte-Sainte-Catherine. L'ancien couvent a été revampé grâce à des travaux qui ont coûté 15 millions de dollars.

Les étudiants, employés et professeurs de la Faculté de l'aménagement, qui ont longtemps été parmi les plus mal logés du campus, possèdent désormais l'un des plus beaux pavillons. En tout cas, c'est certainement celui où la lumière du jour est le plus à l'honneur, car deux immenses murs de verre laisseront le soleil se pencher sur les planches à dessin.

Inauguré en grande pompe le 22 mai, soit quelque 10 mois avant l'échéancier initialement prévu, le pavillon réaménagé se paie même une nouvelle entrée principale donnant sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Le doyen de la Faculté de l'aménagement, Michel Gariépy, pousse un grand soupir de satisfaction et ne cache pas que le processus a été éprouvant. "Maintenir les activités universitaires quand on procède à des rénovations majeures, ce n'est pas facile, lance-t-il. Certains ont dû déménager deux ou même trois fois sans interrompre leur travaux de recherche et d'enseignement."

Pendant les travaux, une bonne partie des 1000 professeurs, employés et étudiants ont dû effectuer des allers et retours vers des locaux vides du Pavillon principal. Puis, ils ont été réintégrés à la hâte aussitôt que des ailes ont été terminées. Parmi les anecdotes amères que certains garderont en mémoire, l'évacuation de toute une salle en juin 1997. "Le plafond leur tombait littéralement sur la tête", relate M. Gariépy. À d'autres moments, les bruits et vibrations causés par les rénovations ont amené des professeurs à suspendre leurs cours.

Ce genre d'ennuis a conduit les responsables des travaux à demander un devancement d'échéancier. Comme quoi certains problèmes mènent à des situations avantageuses.

 

Des clients difficiles

Les travaux en atelier, qui comptent pour 40% du programme d'études en architecture, se ressentiront sûrement de tout le soleil qui baignera les planches à dessin grâce à ce mur de verre.
L'accélération des travaux a permis aux futurs architectes de s'installer plus rapidement dans un pavillon qui sent le neuf et qui répond nettement mieux à leurs besoins. Par contre, tout n'a pu être devancé au même rythme. "Nous inaugurons un pavillon terminé sur le plan architectural, mais tout l'aménagement extérieur reste à faire. De même, le mobilier n'a pas encore été livré."

Reconnaissant que les architectes sont des clients difficiles (et M. Gariépy tient à souligner la participation des représentants de la Direction des immeubles, qui ont coordonné les travaux), le doyen se console à l'idée que les gens de sa faculté se sont véritablement approprié leur nouveau pavillon. Depuis quelques mois, on sent qu'ils sont de plus en plus à leur aise dans les corridors aux lignes sobres et modernes.

Difficile de rouspéter contre les murs de verre qui laissent entrer la lumière dans les ateliers. Quant au grand hall, près de l'entrée principale, c'est un endroit qui manquait à la Faculté. Très accueillant, cette agora mène au café des étudiants et au nouvel auditorium du rez-de-chaussée. De même, la bibliothèque a été complètement relocalisée. Elle est spacieuse et, elle aussi, très bien éclairée.

Méconnaissable, l'ancienne façade donnant sur la rue Darlington. On aperçoit les fenêtres de la bibliothèque.

La Faculté abrite également une galerie d'art conçue selon les normes muséologiques les plus strictes. Ce sera le Centre d'exposition de l'Université de Montréal, dirigé par la muséologue Andrée Lemieux. "Nous avons bonifié notre plan initial de centre d'exposition répondant à nos seuls besoins pour en faire une galerie qui servira à l'ensemble de la communauté universitaire", dit M. Gariépy.

Seule étrangeté de ce réaménagement majeur, oeuvre de la firme Saucier+Perrotte/Menkès, Shooner, Dagenais par suite d'un concours: une ornementation-sculpture au-dessus de l'entrée principale. Faite d'une série de plaques de métal rouillé terminée par quatre vitrines qui serviront éventuellement à exposer des projets, cet élément est tantôt pris pour un échafaudage, tantôt pour un travail en cours. M. Gariépy, peu loquace, affirme qu'il est bel et bien terminé mais qu'il fait l'unanimité... contre lui. "Cette oeuvre polarise toute la critique", dit-il. Un peu comme un paratonnerre.

Mathieu-Robert Sauvé


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