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Un CRI qui se cherche...

Le Centre de recherche sur l'intermédialité tient son premier colloque au Musée d'art contemporain.

Le Centre de recherche sur l'intermédialité (CRI) de l'Université de Montréal présentait son premier colloque international du 2 au 6 mars derniers au Musée d'art contemporain. Intitulé "La nouvelle sphère intermédiatique", ce colloque avait comme objectif d'explorer le rôle des médias dans la production intellectuelle. À cette fin, il regroupait des chercheurs de divers horizons des études culturelles et des sciences humaines. Parmi les sommités présentes figuraient Tom Conley, de l'Université Harvard, Roger Odin, de la Sorbonne, et Myriam Tsikounas, de l'Université Paris I.

"Nous avons lancé ce colloque pour mettre le CRI sur la carte, à l'échelle tant nationale qu'internationale, mais aussi pour permettre à celui-ci de se retrouver dans ses cartes", expliquait, au terme d'une conférence, André Gaudreault, l'un des membres fondateurs du CRI et principal organisateur de l'événement. "Le colloque a été conçu pour être une ouverture à la fois sur l'extérieur et sur l'intérieur. Ce qu'on souhaite, c'est lancer une plateforme théorique pour un questionnement des médias d'un type nouveau et faire en sorte que ce questionnement nous soit renvoyé comme dans un miroir."

Le colloque n'a pas vraiment servi de vitrine à des avancées particulières dans le domaine, mais a plutôt fait office de forum de réflexion. C'est qu'à vrai dire ce champ d'études en est encore à sa phase embryonnaire. Il s'agissait, au cours de ces activités, de définir quels seraient les axes de recherche à retenir.

Selon André Gaudreault, "il y a plusieurs définitions possibles de l'intermédialité. Nous n'avons pas voulu définir ce terme a priori puisque ce concept est encore dans sa phase instrumentale", précise-t-il. Cela dit, la majorité des chercheurs présents au colloque avaient leur idée sur l'intermédialité, la plupart d'entre eux ayant par ailleurs déjà étudié le problème de la convergence des médias.

Signe des temps peut-être, beaucoup de jeunes chercheurs étaient présents au colloque. "De plus en plus, les jeunes recherchent la polyvalence des formations. Il n'est plus rare de voir des gens formés dans deux ou trois champs d'études, ce qui favorise un décloisonnement intermédiatique."

Thierry Bardini est justement l'un de ces jeunes chercheurs qui s'intéressent à l'intermédialité. Professeur au Département de communication de l'UdeM, il étudie depuis trois ans les nouvelles formes d'art électroniques ou médiatiques.

"C'est un colloque intéressant parce qu'il est transdisciplinaire, note-t-il. Des gens de toutes sortes d'horizons théoriques et même méthodologiques sont venus y participer: des historiens de l'art, des experts en communication, en littérature comparée, entre autres. L'intérêt de ce genre de colloque, c'est de voir qu'il y a des gens qui réfléchissent sur des questions sensiblement proches de nos préoccupations, mais avec des références différentes."

L'un des problèmes de l'intermédialité en tant que domaine transdisciplinaire est qu'il manque de balises bien déterminées. Selon Marion Froger, une autre membre du CRI, "l'intermédialité arrive comme un élément perturbateur de modèles de réflexion. Nos repères proviennent des thèmes de chercheurs qui sont confrontés à de nouveaux concepts."

Ce colloque n'était qu'une première étape. Le 23 avril prochain, les membres du Centre de recherche sur l'intermédialité se rencontreront de nouveau pour préciser l'orientation des recherches du Centre. Au-delà de cette seconde étape de réflexion, un processus de mise en commun des connaissances mutuelles sera enclenché. C'est alors seulement qu'on pourra mesurer l'impact de ces premiers pas.

Christophe Bergeron
Collaboration spéciale


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