Volume 36 numéro 10
6 novembre
2000




Régime de retraite: au beau fixe
Les placements affichent toutefois une modeste performance pour l’année 1999.

Germain Bourgeois

Éric Filteau

La caisse du Régime de retraite de l’Université de Montréal (RRUM) est toujours en excellente santé malgré les différentes mesures prises pour résorber l’important surplus actuariel des dernières années et un rendement sur les placements inférieur à celui des grandes caisses de retraite canadiennes pour 1999.

Au 31 décembre 1999, l’actif net de la caisse du Régime de retraite était de 1557 M$, en augmentation de 72 M$ par rapport à l’année précédente, a-t-on appris à la 10e réu-nion annuelle statutaire du RRUM, qui avait lieu le 25 octobre dernier. Pour la première fois, cette réunion était retransmise en direct à Saint-Hyacinthe.

Bien qu’aucune étude actuarielle n’ait été menée en 1999 (la prochaine sera effectuée en 2001), on estime le surplus à 31 M$ à la fin de cette année. Ce surplus est ce qui reste dans la caisse une fois retranchés les sommes nécessaires pour respecter les obligations du Régime ainsi qu’un montant pour faire face aux imprévus.

Outre le report de cotisation pour l’employeur, ce qui a donné lieu à la création du Fonds de relance, les principales mesures prises pour résorber le surplus ont été l’adoption de l’indexation automatique à 100% de l’indice des prix à la consommation pour tous les crédits de rente accumulés jusqu’en juin 2002 et le programme de rachat d’années de service passé. Ce programme a été un franc succès puisque les deux tiers des personnes visées s’en sont prévalues.


Placements

Le faible accroissement de l’actif de la caisse est attribuable principalement au report de la cotisation de l’employeur et à la mince performance des placements, soit un rendement de 6,7% pour l’année 1999. Ce rendement est nettement inférieur au taux moyen obtenu par les caisses de retraite ayant un actif de plus de 250 M$. Deux raisons expliquent cette situation, selon Germain Bourgeois, directeur des placements à la Direction des finances. Il y a eu d’abord les difficultés auxquelles s’est heurté un des 11 gestionnaires de la caisse. Mais la principale raison tient à la politique de gestion du RRUM, qui prévoit que la caisse ne peut investir plus de 9% de ses avoirs dans un seul titre. Or, la poussée de 32% de la Bourse de Toronto en 1999 est surtout attribuable à deux titres, BCE et Nortel, qui comptaient pour plus de 20% de l’indice TSE 300. En effet, sans ces deux titres, le TSE n’aurait progressé que de 8%.

«Nous n’avons donc pas pu participer à cette folie», a déclaré M. Bourgeois avant d’ajouter que les résultats devraient être tout autres pour l’année 2000, et ce, pour la même raison. En effet, la journée même, le titre-vedette de la Bourse de Toronto plongeait de 29%. Or, avant sa chute, Nortel comptait pour 30% du TSE. Pour les trois premiers trimestres de l’année 2000, le rendement de la caisse du Régime de retraite est de 11,5%, a indiqué le directeur des placements.

«Il faut se rappeler que notre stratégie de placement est fondée sur une vision à long terme, a-t-il ajouté. Pour bien en percevoir les effets, on doit regarder le rendement moyen obtenu au cours des dernières années. Or, notre rendement annuel moyen est de 13,2% sur une période de 4 ans et de 11,3% sur 10 ans, ce qui nous situe dans la moyenne des grandes caisses de retraite canadiennes.»


Participation

En 1999, le nombre de cotisants au Régime est passé de 5222 à 5180, ce qui reflète la tendance à une stabilisation des effectifs déjà observée en 1998, a fait remarquer Éric Filteau, directeur de la division du Régime de retraite à la Direction des ressources humaines. On se souvient que les années 1995 à 1997 avaient été marquées par une forte diminution des participants actifs à l’occasion des programmes de départ volontaire. En revanche, on observe une croissance lente du nombre de retraités, qui est passé de 1859 à 1942.

Malgré les nombreux départs à la retraite des dernières années, l’âge moyen des participants actifs était de près de 47 ans à la fin de 1999, tandis que la proportion des cotisants de moins de 40 ans était en légère diminution. Quant au nombre de retraités, dont la moyenne d’âge est de 69 ans, il a presque doublé depuis 1993, une tendance qui vraisemblablement s’accélérera au cours des prochaines années. Selon M. Filteau, environ 40% des employés non enseignants de l’Université devraient prendre leur retraite au cours des cinq à sept prochaines années.


La loi 102

Quant à la loi 102 sur les régimes complémentaires de retraite, qui fait présentement l’objet d’une contestation en cour par des retraités d’Hydro-Québec, «elle ne nous touche en aucune façon», a déclaré Éric Filteau.

Répondant à une question sur le sujet, l’actuaire Raymond Gaudet, de la firme Morneau Sobeco, a précisé que l’esprit de la loi 102 est justement de favoriser le partage des surplus entre les différents partenaires. Or, à l’Université de Montréal, la composition paritaire du Comité de retraite, où l’employeur et les membres du Régime ont un nombre égal de représentants, constitue une assurance à cet égard. De plus, une modification apportée à l’article 6.08 du règlement du Régime de retraite en 1999 clarifie les priorités d’application du surplus. Ainsi tout surplus actuariel doit être utilisé, d’abord et avant tout, pour indexer les rentes de façon ponctuelle, à 100% de l’indice des prix à la consommation.

Françoise Lachance